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9.7.10

Des coûts exorbitants, des accrochages avec la sécurité, des forces policières injustifiées et l’empiétement des libertés civiles – ça, c’était le G20

Des coûts exorbitants : 1 milliard de dollars (ça, c'est 1 000 millions de dollars de votre argent) pour seulement la sécurité – et on peut s'attendre à beaucoup plus lorsque les factures commenceront à entrer. Tout cela sans inclure le faux lac, le reste des coûts reliés à l'hébergement du G20, la perte de revenus en tourisme et les nombreuses entreprises qui ont subit des dommages. Personne ne sait comment tout cela finira par coûter – malgré nos demandes répétées, le gouvernement Harper refuse de répondre aux questions des canadiens. La seule chose qu'on sait, c'est que les coûts auront été énormes. Maintenant, les questions s'accumulent concernant le favoritisme et potentiellement la corruption, puisque certains bénéficiaires auraient été récompensés par l'obtention de contrats. On continuera de sonder le terrain par l'entremise du comité de la sécurité nationale de la chambre des communes et autre.

Des arrestations, un rapport de force injustifié et une atteinte à nos libertés civiles : Je joins tous ceux qui demandent pour qu'une enquête publique soit mise sur pied, basée sur ce qui s'est passé dans les rues de Toronto. Malgré toutes les excuses entourant la « sécurité », le monde a vu Toronto - cette ville fabuleuse, vibrante et sécuritaire – comme une zone de guerre avec des autos en feu, des policiers agressifs ainsi qu'un non-respect de nos droits civils. Les effets des arrestations injustifiées, de l'intimidation ainsi que de la violence exercée par les forces policières continuent de se faire sentir. On DOIT se lever pour nos droits humains, nos libertés civiles, notre liberté d'expression et d'association. Ces derniers sont cruciaux pour notre démocratie. C'est bien plus que le simple fait de voter. C'est seulement quand nos droits sont protégés, qu'un vote et une société sont réellement démocratiques. Les forces policières et notre gouvernement doivent non seulement montrer le plus haut respect pour ces droits et libertés fondamentaux, ils doivent être ceux qui les protègent. Dans ce cas-ci, ils ne l'ont pas fait. On doit insister pour qu'ils le fassent. Une enquête est nécessaire.

Le G20 de Stephen Harper : Le blâme des mensonges repose principalement sur le dos de Stephen Harper. La décision de dernière minute de Harper d'avoir le G20 en plein centre-ville de Toronto (il n'a donné que 15 minutes d'avis à la ville avant l'annonce publique); le refus de Harper de considérer toute autre option, même après que la ville de Toronto ait elle-même exprimé ses inquiétudes face aux coûts, la perte de revenus, la sécurité ainsi que la multitude de problèmes collatéraux pour les gens de Toronto; sont toutes des critiques et de mauvaises décisions attribuables au Premier ministre Harper. Il a donné un défi impossible au chef de police de Toronto, Bill Blair, et à son équipe. Il a du même coup ordonné que la sécurité soit coordonnée par le Bureau du conseil privé. Stephen Harper a prouvé son incompétence à gérer de l'argent (l'argent des contribuables!), ce qui a résulté à des dépenses incontrôlables et exorbitantes… Stephen Harper doit être tenu responsable pour tout ceci.

La réaction du Parti libéral : On a demandé des réponses au Ministre de la Sécurité publique, Vic Toews. On a aussi demandé, en coopération avec d'autres députés de l'opposition, à ce que le comité permanent sur la sécurité nationale de la Chambre des communes se rencontre le plus tôt possible pour se pencher sur les événements survenus lors du G20, les raisons qui ont menées à ces actions et que le ministre Toews comparaisse devant le comité. Les questions que les libéraux se posent, et que nous espérons pouvoir bientôt poser au comité sont, notamment: qui donnait ultimement les directives concernant la sécurité lors du G20? Qui a conçu les plans pour la sécurité du G20? Sur quels considérations et conseils le gouvernement s'est-il attardé avant de désigner le centre-ville de Toronto comme le meilleur emplacement pour accueillir le Sommet? Comment a-t-on donné les contrats de soutient pour la sécurité (ainsi que les éléments requis pour la planification des autres sommets)? Quelles mesures ont été mises en place, s'il y en a, pour assurer une bonne gestion des coûts? Qui était responsable pour donner les contrats et quels étaient les critères? Dû au fait que le gouvernement Harper a refusé de répondre à presque toutes les questions qui lui ont été demandé, ce sera difficile, mais nous continuerons de chercher la vérité.

Le rôle du Canada à l'international : Je suis peut-être biaisée, étant donné mes expériences en relations internationales et en droit international, mais le Canada doit jouer un rôle significatif dans le monde des affaires internationales – et ce, maintenant plus que jamais. On a une opportunité en or d'être un leader. Comme l'influence du G8 diminue et l'influence du G20 augmente, il est crucial que le Canada joue un rôle significatif au G20, particulièrement maintenant dans ses débuts. (Bravo a l'ancien Premier ministre libéral Paul martin qui, quelques années passées, a proposé l'idée que le G20 soit un forum financier international de premier plan). Malgré tout ce qui est arrivé, je ne suis pas déçue que le Canada ait accepté d'être l'hôte du G20, en raison de son rôle au niveau international. Par contre, JE SUIS très bouleversée par comment le tout a été mal géré par le gouvernement Harper. Des coûts exorbitants, une violence policière injustifiée, un non-respect de nos droits civils, des questions de favoritismes et potentiellement de corruption au niveau des contrats – les Canadiens demandent des réponses et le monde nous regarde… Stephen Harper doit être tenu responsable.

6.2.10

Jour 3 de Martha en mission en Ukraine

Jour 3 de Martha en mission — la Mission d’observation des élections en Ukraine du BIDDH (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme) de l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

Je suis maintenant à Odesa (graphie ukrainienne) ou Odessa (graphie russe). Je souligne cette différence orthographique, qui semble bien anodine, mais qui en fait elle illustre un enjeu important de l’Ukraine d’aujourd’hui : la cohabitation entre les Ukrainiens de souche et les Russes de souche, entre les ukrainophones et les russophones, dans ce qui est, sur le plan politique à tout le moins, un pays relativement jeune comme l’Ukraine. La relation entre l’Ukraine et la Russie, la dimension Ukraine‑Russie tout entière, représente le principal enjeu de l’élection présidentielle, dont la ronde finale se tiendra demain, le 7 février 2010. La nature des relations que l’Ukraine devrait avoir ou ne pas avoir avec la Russie est au premier plan. Et demain, les Ukrainiens décideront lequel des candidats saura traiter cette relation de la manière la plus bénéfique pour le pays : Yulia Tymoshenko, figure de proue de la « révolution orange » et actuelle première ministre, ou Viktor Yanukovych, ce frauduleux « gagnant » de 2004 qui a été destitué.

Pour le meilleur ou pour le pire, l’Ukraine ne peut se passer de la Russie pour de multiples raisons comme l’histoire, l’économie, les gazoducs approvisionnant l’Europe et les pressions exercées par les nouveaux et riches oligarques. L’Ukraine est inextricablement liée à la Russie et elle est dépendante de cette relation, que les Ukrainiens le veuillent ou non.Nombre d’observateurs voient cela comme un pas en arrière pour l’Ukraine, comme une preuve de « l’échec » de la révolution orange. Consultez les articles de Doug Saunders parues dans le Globe and Mail et intitulés : « Les effets de la révolution orange s’estompent complètement, la Russie reprenant sa place en Ukraine », http://www.theglobeandmail.com/news/world/the-orange-revolution-fades-to-black-as-russia-rises-again-in-ukraine/article1429207/ et son article précédent : « L’Ukraine s’apprête à aller aux urnes, abandonnant ses espoirs », http://www.theglobeandmail.com/news/world/ukraine-marches-to-polls-leaves-hope-behind/article1458599/. Dans ce dernier article, M. Saunders a écrit : « L’élection présidentielle de demain, la première depuis la révolution orange, marque bien, pour les Ukrainiens, une annulation de tous les acquis de celle-ci. »

Personnellement, je ne suis pas d’accord.

Beaucoup d’Ukrainiens ont appuyé la révolution orange parce qu’il avait été déterminé qu’à la première élection tenue en 2004, le russophile Viktor Yanukovych avait été élu frauduleusement (grâce à la présence d’observateurs internationaux, ce que je suis maintenant). Aux termes d’une nouvelle élection honnête, le partisan de la révolution orange Viktor Yushchenko a été élu à la présidence. Certes, nombreux étaient ceux qui souhaitaient voir la fin de l’influence et de la maîtrise russe. Cependant, l’important était que l’élection frauduleuse avait été annulée, CECI est le résultat de la révolution orange.

Après des débuts cahoteux, la démocratie s’est implantée avec succès.

On ne mesure pas la victoire de la démocratie par le fait que le candidat de son choix l’emporte. On la mesure plutôt par le fait que c’est le candidat qui remporte honnêtement le plus de voix qui gagne. Même si certains électeurs n’approuvent pas les politiques qu’il défend, ni même la direction qu’il veut donner à leur pays. À la fin de son mandat, si les électeurs déterminent qu’il n’était pas acceptable, après tout, ils n’ont qu’à voter contre lui la prochaine fois.

La tenue d’élections honnêtes en 2004 et subséquentes ainsi que le maintien d’une démocratie ouverte sont les plus grands succès de la révolution orange. Et, même si les électeurs sont déçus de la révolution orange et de son incapacité à remplir notamment ses promesses économiques, on estime que la première ronde de l’élection tenue le 17 janvier s’est, en grande partie, déroulée de façon honnête et que ses résultats sont légitimes. Le simple fait que les médias peuvent s’exprimer librement, que les candidats tiennent des rassemblements monstres et, surtout, qu’un débat ouvert et souvent vigoureux entre les gens est ouvert– serveuses, avocats, chauffeurs de taxi, gens d’affaires, réceptionnistes d’hôtel – témoigne, à mon avis, que la révolution orange a, en grande partie, réussi.

Ce n’est peut-être qu’une étape, mais l’atteinte d’un tel niveau de démocratie est certainement un grand succès qui suscite de l’espoir pour l’avenir de l’Ukraine.

Nous espérons tous que le scrutin de demain remplira cette promesse.

5.2.10

Martha en mission en Ukraine (suite)

Jour 2 de Martha en mission -- la suite de ma participation à la Mission d’observation des élections de l’OSCE concernant l’élection présidentielle en Ukraine. Pour un historique de la révolution orange, voir http://en.wikipedia.org/wiki/Orange_Revolution.

Dans deux jours, le 7 février, l’Ukraine élira un nouveau président. Les deux candidats sont Yulia Tymoshenko et Viktor Yanukovych.Le paradoxe, c’est que ce même Viktor Yanukovych a « remporté » l’élection en 2004, pour voir les résultats immédiatement annulés en raison de fraudes présumées. C’est alors Viktor Yanukovych qui a été élu président. Tout cela à cause de la révolution orange.

Il y a deux semaines, au premier tour de l’élection, Yushchenko est arrivé loin derrière, récoltant à peine 4 % des voix. Yulia Tymoshenko a terminé deuxième au premier tour et est candidate pour le second tour de l’élection. Elle était l’autre protagoniste de la révolution orange de 2004. Elle est actuellement première ministre.

Les parlementaires canadiens ici présents comme membres de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE sont moi-même, Monique Guay (Bloc québécois), David Christopherson (NPD), Peter Goldring (Con) et notre chef de mission est le sénateur Consiglio di Nino. Aujourd’hui, nous avons été invités à dîner à la résidence de l’ambassadeur du Canada, Son excellence Daniel Caron (http://www.canadainternational.gc.ca/ukraine/offices-bureaux/ambassador_msg_ambassadeur.aspx?lang=fra&highlights_file=&left_menu_en=&left_menu_fr=&mission=). Nous avons eu une discussion captivante avec des Canadiens qui habitent en Ukraine et qui nous ont présenté des points de vue des plus intéressants sur la présente élection et son processus. (On compte plus de 1 200 000 Canadiens d’origine ukrainienne au Canada.)

Ce soir, les deux candidats ont tenu des assemblées monstres, spectacle sons et lumières compris. Ils étaient face à face, à chaque extrémité d’un long et large boulevard à se disputer l’attention de l’auditoire. Si les gens craignaient que les promesses de la révolution orange ne se soient envolées, il n’en reste pas moins que les rassemblements de ce soir témoignent que le peuple a embrassé l’idéal de la démocratie. Il n’y a pas si longtemps, il était impensable que les deux principaux adversaires puissent tenir des assemblées aux deux extrémités d’un tronçon de la rue Volodymyrska.

Nous voyons maintenant dans ce pays une quantité de gens qui croient en la démocratie et qui, on le sent, souhaitent qu’elle remplisse ses promesses. Cette démocratie-là n’est pas parfaite, certes (nous verrons bien ce qui se produira le jour du scrutin et nous avons toujours des raisons de se préoccuper du financement électoral et du contrôle exercé sur les médias – nous en dirons davantage plus tard), mais c’est un grand pas en avant vers l’édification d’un pays qui est habité depuis fort longtemps, mais qui est encore très jeune sur le plan politique. Bref, un pays qui a de grands défis à relever.

C’est une expérience extraordinaire que d’être témoin d’événements historiques tel celui-ci.Il est maintenant 2 heures du matin, et je dois partir tôt pour Odessa. J’en dirai plus demain.

MHF